FIFA – Onze de la décennie : Années 1960

Bienvenue dans le deuxième volet de la série du onze de la décennie. Cette semaine, nous allons mettre en lumière les meilleurs joueurs des années 1960. Cette décennie a marqué le début du professionnalisme du football et la fin du règne du Real Madrid sur la scène européenne. C’est dans cette période hétéroclite qui marque l’avènement de Manchester United, du Benfica Lisbonne et du Milan AC, futurs cadors du football mondial, que naît une génération dorée ultra talentueuse. Cette rétrospective se consacre ainsi à ces joueurs légendaires qui ont marqué au fer rouge l’histoire de leur club ou de leur sélection. Par ailleurs, le football international n’est pas en reste et marque la domination mondiale du Brésil emmené par un jeune prodige, fort probablement le meilleur joueur de l’histoire. L’Angleterre quant à elle remporte sa première et unique couronne en 1966. Prêts pour une plongée dans les années 60 et à rencontrer les plus illustres footballeurs de la décennie ? Installez-vous confortablement dans votre sofa ou dans votre lit et laissez-vous conter les exploits oubliés ou méconnus de ces douze joueurs de légende.

Années 1960:

Lev Yachine :

Poste : Gardien de but

Nation : Russie

Général : 95

Plongeon : 98

Jeu de main : 91

Dégagement : 76

Réflexe : 99

Vitesse : 66

Positionnement : 99

MP : 3 (droit) GT : 1

Être footballeur en Russie et remporter le Ballon d’Or est assez rare. En effet seuls trois joueurs du championnat soviétique auront réussi cette performance dans l’histoire. La performance est d’autant plus incroyable lorsqu’en 1963, en plein cœur de la guerre froide, Lev Yashine remporte la récompense individuelle suprême et devient l’unique gardien de but lauréat à ce jour. L’homme reconnaissable entre mille à son béret et à sa grande allure rejoint le club du Dynamo Moscou en 1950 y restera fidèle vingt ans durant, remportant le championnat d’URSS à cinq reprises et sera sacré champion d’Europe avec l’Union Soviétique en 1960. Tout au long de sa carrière, « l’araignée noire » aux réflexes exceptionnels et au placement imprévisible aura révolutionné le poste de gardien de but. En l’honneur de ses exploits, trophée récompensant le meilleur gardien d’une Coupe du Monde porte son nom.

Giacinto Facchetti :

Poste : Défenseur Gauche

Nation : Italie

Général :94

Vitesse :90

Tir : 64

Passe : 93

Dribble : 82

Défense : 95

Physique :89

MP : 3 (droit) GT : 3

Monstre sacré de la grande équipe de l’Inter Milan des années 1960, Facchetti incarnait la nouvelle génération des arrières offensifs. Installé sur l’aile gauche du catenaccio d’Helenio Herrera, le lombard pouvait courir le cent mètres en moins de onze secondes et apporter le surnombre en attaque. Suivant ainsi la voie tracée par les Brésiliens Nilton et Djalma Santos, l’élégant et fair-play numéro 3 aux qualités défensives certaines dispute six cent trente-quatre rencontres avec les nerazzuri, remporte quatre scudetti et deux Coupes des clubs européens champions. Deuxième au classement du Ballon d’or 1965, le géant italien d’un mètre quatre-vingt-onze remporte le Championnat d’Europe des nations en 1968 avec l’Italie et atteint la finale du Mondial 1970.

John Charles :

Poste : Défenseur Central

Nation : Pays de Galles

Général :92

Vitesse :86

Tir : 91

Passe : 90

Dribble : 85

Défense : 82

Physique : 94

MP : 4 (droit) GT : 4

Le profil du natif de Swansea au Pays de Galles étonne. Pouvant invariablement jouer en défense, au milieu de terrain et en attaque, parfois au cours d’un même match, le Britannique était le joueur le plus polyvalent de son temps. Passé par Leeds où il remporte le soulier d’or du championnat d’Angleterre 1957 avec trente-huit réalisations, le gallois rejoint la Juventus Turin et s’impose au sein d’une attaque composée de Giampiero Boniperti et Omar Sivori. Le « trio magico » roule sur l’Italie et remporte trois scudetti et deux coupes nationales. Souvent replacé en défense pour préserver l’avance acquise en match, Charles brille par sa solidité et son exemplarité, laquelle lui a valu le surnom de « Gigante Buono ». Classé cinq fois au Ballon d’or, le gallois prend sa retraite en 1974.

Bobby Moore :

Poste : Défenseur Central

Nation : Angleterre

Général :93

Vitesse :71

Tir : 65

Passe : 88

Dribble : 80

Défense : 96

Physique :87

MP : 3 (droit) GT : 2

Natif de la banlieue londonienne est considéré comme l’un des grands défenseurs de tous les temps. Petit par la taille, Bobby Moore est cependant l’un des rouages essentiels de l’Angleterre victorieuse de son Mondial en 1966. Capitaine de la Three Lions à seulement vingt-deux ans, le charismatique libéro impose sa loi dans la surface et apporte de la sérénité à l’arrière-garde anglaise qui n’encaissera que trois buts dans le tournoi. Légende absolue de West Ham United qui verra passer un certain Frank Lampard quelques décennies plus tard, Moore brillait par sa lecture de jeu qui compensait un léger manque de vitesse. Élégant et soyeux, contrastant ainsi avec l’image virile et rugueuse du défenseur britannique, l’anglais soulève la FA Cup en 1964 puis de la Coupe des Coupes (C2) en 1965. Enfin, le « meilleur défenseur de tous les temps » selon les dires du roi Pelé tire sa révérence en 1978. Considéré comme un trésor de la couronne britannique, Bobby Moore est immortalisé par une statue à l’entrée du stade de Wembley.

Josef Masopust :

Poste : Milieu Central

Nation : République tchèque

Général :93

Vitesse :77

Tir : 90

Passe : 93

Dribble : 90

Défense : 88

Physique :79

MP : 4 (droit) GT : 3

Meilleur footballeur tchécoslovaque du vingtième siècle, Masopust était pendant quatre décennies, jusqu’au sacre de Pavel Nedved, l’unique lauréat tchèque du Ballon d’or (en 1962). Compensant sa relative faiblesse physique par une endurance à toute épreuve, le joueur du Dukla Prague était un des plus grands artisans de son temps. Ce demi-centre à la philosophie de jeu magyar capable de changer le rythme du jeu à  tout instant, le tchèque possédait un toucher de balle et un sens du timing unique en atteste ce somptueux appel dans la profondeur en finale de Coupe du Monde 1962 : le génial métronome tchèque se joue de la défense brésilienne et sur une passe de Pospichal ajuste Gilmar. Toutefois la Tchécoslovaquie s’inclinera 3-1 et ne remportera pas le trophée. Huit fois champion national avec le club militaire de Prague, Masopust prend finalement sa retraite après une pige de deux ans dans le championnat belge.

Luis Suárez :

Poste : Milieu Gauche

Nation : Espagne

Général :94

Vitesse :90

Tir : 94

Passe : 87

Dribble : 91

Défense : 70

Physique :88

MP : 4 (droit) GT : 4

Luis Suárez Miramontes est considéré comme un des plus grands joueurs espagnols de tous les temps. Pur produit du centre de formation du Deportivo La Corogne, c’est pourtant au FC Barcelone qu’il signe ses premières lettres de noblesse.. Le vivace ailier gauche à la puissante frappe fait son trou en Catalogne et collecte ses premiers trophées : deux Copa del Rey et surtout deux championnats d’Espagne en 1959 et 1960. Lors de la remise de son Ballon d’or en 1960, le jury de France Football le décrira ainsi : “L’autorité d’un duc, la précision d’un géomètre et la beauté d’un Apollon”. Envolé pour l’Italie et l’Inter Milan l’année suivante, le galicien aux qualités d’organisateur certaines mène la danse se sublime : trois championnats d’Italie et deux couronnes européennes, en 1964 et 1965, garnissent un peu plus le palmarès de l’espagnol.

Joueur avant tout porté sur le collectif, Luis Suárez est aussi le grand architecte de la Coupe d’Europe des nations de football remportée par l’Espagne en 1964.

Gianni Rivera :

Poste : Milieu Offensif Central

Nation : Italie

Général :94

Vitesse :89

Tir : 92

Passe : 91

Dribble : 94

Défense : 43

Physique :70

MP : 5 (droit) GT : 5

À l’instar de Paolo Maldini et Marco van Basten, Giovanni dit Gianni Rivera incarne la quintessence du Milan AC. Coéquipier d’un certain Cesare Maldini, père de Paolo, et de Giovanni Trapattoni, le numéro 10 des rossoneri est un joueur très talentueux et un technicien habile. L’italien incarne toutes les forces et tous les paradoxes du football latin alors en plein renouveau. Disciple de l’icône uruguayenne Juan Schiaffino avant d’être capitaine du Milan AC, le « golden boy » apprend et perfectionne son jeu. Très vite, Rivera ajoute à sa palette arabesques et créativité, faisant de lui un des plus beaux si ce n’est l’un des joueurs les plus talentueux du championnat. Véritable orfèvre au cœur du jeu le transalpin sait tout faire, défendre, passer, éliminer et marquer, il est de ces artistes qui illumine la pelouse et fait chavirer le cœur de ses admirateurs, la moindre étincelle de son génie embrasant le public de San Siro. Double vainqueur de la C1 en 1963, il remporte le Championnat d’Europe en 1968. Enfin le prodige italien obtient la consécration ultime avec le Ballon d’or 1969, et ouvre ainsi la voie aux futurs lauréats milanais : Gullit, van Basten, Weah, Shevchenko, et enfin Kaka.

Bobby Charlton :

Poste : Milieu Offensif Central

Nation : Angleterre

Général :96

Vitesse :92

Tir : 98

Passe : 97

Dribble : 94

Défense : 68

Physique :75

MP : 5 (droit) GT : 4

Il est de ces destins qui n’auraient jamais pu se produire. Rescapé de la tragédie de Munich, le protégé de Matt Busby reprendra le flambeau du malheureux Duncan Edwards, plus grand espoir de sa génération, décédé des suites du crash aérien.  Tout au long des quinze années passées à Manchester United, il reconstruira et amènera le club au sommet à la force seule de son talent. Champion d’Angleterre avec les mancuniens en 1965 et 1967, le natif de Newcastle upon Tyne soulève la coupe aux grandes oreilles en 1968. Dans un effectif pléthorique où se côtoient notamment George Best et Denis Law, Charlton inscrit le but qui scelle définitivement la victoire des siens sur le Benfica. La fin d’une ère pour les benfiquistes, quintuple finaliste et deux fois vainqueur de l’épreuve. Par ailleurs, la carrière de Charlton est tout aussi glorieuse. Aligné dans l’entrejeu anglais aux côtés de son grand frère Jack, solide défenseur de Leeds United, il inscrit un doublé décisif contre le Portugal en demi-finale puis remporte la Coupe du Monde devant son public. Véritable légende du football anglais, exemple pour ses pairs et la jeunesse et modèle d’élégance et fair-play, détenteur du Ballon d’or 1966, Sir Bobby Charlton est anobli en 1974.

George Best :

Poste : Ailier Gauche

Nation : Irlande du Nord

Général :94

Vitesse :96

Tir : 95

Passe : 85

Dribble : 98

Défense : 59

Physique :73

MP : 4 (droit) GT : 4

Rockstar, excessif, provocateur, mais avant tout maestro du ballon rond, dribbleur de génie et attaquant tenace, le Nord-Irlandais fascine et suscite l’admiration du public. Le « cinquième Beatles » est tout aussi célèbre pour ses frasques en dehors du terrain que pour ses nombreux exploits avec la tunique des Red Devils. Ce maître avéré de la punchline est un sacré personnage et nombreux lui vouent un culte. Idole déclarée d’un certain Diego Maradona, le Britannique est un joueur prodigieux et plaisant à voir jouer, mais une véritable terreur pour ses adversaires sur les pelouses. Pouvant jouer à tous les postes de l’attaque, Best alterne changement de rythme et jaillissement pour faire la différence. Technicien hors pair, l’irlandais ne lâche jamais rien et se bat comme un beau diable. La carrière de Best atteint son sommet en 1968 lorsque Manchester United affronte l’invincible armada du SL Benfica d’Eusébio en finale de Coupe des clubs champions européens. Pendant les prolongations, le numéro 7 mancunien crochète le gardien portugais et donne l’avantage au club anglais qui remportera le trophée. Comme un hommage, le jury lui remettra par la suite le Ballon d’or.

Ferenc Puskás :

Poste : Buteur

Nation : Hongrie

Général :97

Vitesse :95

Tir : 99

Passe : 82

Dribble : 97

Défense : 38

Physique :88

MP : 3 (gauche) GT : 5

Puskás est sans contexte le meilleur joueur hongrois de l’histoire. Leader et maître à jouer du onze d’or hongrois champion olympique en 1952 et vice-champion du monde en 1954, la carrière de l’attaquant magyar va prendre un tout autre tournant. En effet une révolte contre les soviétiques éclate dans son pays et le pousse à l’exil en Autriche, mettant sa carrière entre parenthèses. Suspendu dix-huit mois par la FIFA, Puskás ne survit que grâce à l’aide providentielle de son ex-coéquipier László Kubala. Pourtant malgré un surpoids notable, le hongrois de trente et un ans suscite l’intérêt du Real Madrid alors champion d’Europe en titre. Il rejoint alors le club de la capitale espagnole et fait rapidement taire les critiques. Désormais délesté de ses kilos en trop, la prodigieuse patte gauche hongroise renaît de ses cendres et inscrit deux-cent quarante-deux buts en deux-cent soixante-deux apparitions avec les Merengues. Champion d’Europe en 1959, il ne peut cependant pas jouer la finale à Stuttgart à cause d’un conflit avec le gouvernement allemand. Le hongrois se vengera l’année suivante et inscrira un mémorable quadruplé en finale de C1 contre… l’Eintracht Francfort. Au crépuscule de sa formidable carrière en 1966, Puskás remporte une troisième et dernière C1, parachevant ainsi l’œuvre d’un homme à l’incroyable destinée.

Eusébio :

Poste : Attaquant’

Nation : Portugal

Général : 94

Vitesse :97

Tir : 99

Passe :87

Dribble : 85

Défense : 46

Physique :80

MP : 5 (droit) GT : 4

Voici l’histoire d’un jeune mozambicain débarquant au Portugal pour y devenir une icône à la renommée mondiale et le joyau le plus prestigieux de la sélection nationale. Son nom est Eusébio et il est alors un illustre inconnu en Europe. Fils d’un colon portugais et d’une Mozambicaine, il commence le football dans le club local du SC Lourenço Marques alors affilié au Sporting Lisbonne. Mais c’est le grand rival du SL Benfica qui signe le talentueux buteur africain et lui fait traverser le globe en 1960. Alors âgé de seulement dix-neuf ans, Eusébio inscrit deux buts pour son premier match avec la tunique des aguias. Ses qualités de vitesse et de conduite de balle, sa science du tir, des passes chirurgicales et capacités physiques séduisent alors les observateurs.

Couronné champion du Portugal, il ne figure toutefois pas au palmarès de la Coupe des clubs champions européens remportée par son club en 1961. Mais la panthère a les crocs et entend bien marquer le tournoi 1961-1962 de son empreinte. Il inscrira d’ailleurs un doublé en finale remportant ainsi le trophée aux dépens du Real Madrid. Eusébio, Ballon d’or 1965, est alors une icône  nationale et un des athlètes noirs les plus célèbres au monde, l’égal du roi Pelé diront certains.

Joueur de la décennie

Pelé :

Poste : Buteur

Nation : Brésil

Général :99

Vitesse :97

Tir : 98

Passe : 95

Dribble : 99

Défense : 62

Physique :81

MP : 5 (droit) GT : 5

La simple évocation de son nom évoque de lointains souvenirs. Un temps où le roi dominait le football et où chacune de ses apparitions sur le gazon frôlait l’hystérie collective. Cet être surnaturel, Dieu du football dans un pays profondément ancré dans la religion, était bien plus qu’un simple footballeur. Apôtre du sport le plus populaire au monde, Pelé répandait la parole sacrée auprès de ses disciplines, mille deux cent quatre-vingt-quatre buts inscrits pour autant de témoignages de foi tout au long de son pèlerinage. Parmi ses exploits les plus célèbres, un coup du sombrero suivi d’une volée en finale du Mondial 1958, un lob sur le gardien adverse depuis le rond central ou encore un magnifique numéro de soliste sur soixante-dix mètres face à Fluminense en 1961.Artiste du ballon d’or, capable d’enchaîner des gestes complexes et d’en inventer de nouveau, Pelé est l’essence même du football brésilien. Respecté comme personne dans un pays qui a vu défiler les stars et les talents, le magicien de Santos remplit de joie les coeurs de millions de Brésiliens, il est un génie dont l’aura n’aura jamais déclinée à travers les époques. Seul joueur triple vainqueur de la Coupe du Monde en 1958, en 1962 puis en 1970, le sextuple champion du Brésil était également très engagé dans l’humanitaire. Légende absolue, meilleur joueur de tous les temps, le roi Pelé prend sa retraite en 1977 après une ultime pige en NASL.

Cet article a été rédigé par : @JeMeThai

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